Petits pas sur le plancher

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Je dis : « petits pas sur le plancher ».

Tu imagines l’enfant, petit, pas hésitant, tu imagines sa marche fière, victoire sur le monde du sol et vivent les hommes debout.

Mais ce n’est plus un enfant depuis longtemps.

Je dis « petits pas sur le plancher » et c’est à lui que tu penses, à l’enfant petit,

pas à l’autre.

Il avance pas à pas, pas de fourmi pas de pas chassé, il avance péniblement d’un point à l’autre et tu ne sais RIEN de sa course.

Toi tu dis que les vieillards sont de grands enfants, tu dis qu’ils n’ont plus de dents, tu dis qu’ils se déplacent avec maladresse, qu’on les croit porcelaines, tu dis que les vieillards sont de vieux enfants et tu souris avec tendresse, pour un peu on te donnerait un bon point…

Ce que tu ne dis pas :

Personne n’est là, droit devant, les bras grands ouverts visage tout sourire fierté parentale c’est mon fils c’est ma fille personne n’est là droit devant et les bras grands ouverts…

Personne n’est là qui surveille et qui veille attention à la chute et le coin de la table le pli dans le tapis attention à la marche, attention à la marche…

Et les plis du temps…

Tu ne les dis pas.

Petits pas sur le plancher.

Petits pas hésitants.

Et vivent pourtant, les hommes de boues.

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