Tu t’accrochais à tes imparfaits

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T’étais figé dans le passé, mouche prise au ruban collant, t’en finissais plus de revenir sur autrefois avec tes mots en forme de poires et tes yeux mouillés, ça dégoulinait de nostalgie, ça pissait la mort… Avec tes vieilles rengaines, tu donnais à tout ce que tu disais la couleur du désespoir… c’était fini, ça reviendrait plus…

On n’en pouvait plus de tes soleils éteints, on n’en voulait plus de tes fruits pourris, de tes viandes faisandées, de tes mots avariés… On était connecté, relié en permanence à la grande matrice du présent, on vibrait ensemble. Toujours. Tout le temps.

T’avais rien compris à ton époque, on s’en foutait bien de tes photos jaunies, de tes dentelles défraîchies, c’était pas ça qu’allait nous faire vivre, tes petites morts…
On t’écoutait même plus.

Tu t’accrochais à tes imparfaits, t’en faisais qu’à ta tête malade, tu voulais retrouver un paradis qu’avait peut-être même jamais existé et tu cherchais là où tu pouvais pas le trouver… c’était fini, ça reviendrait plus…
On t’écoutait même plus.

Tu puais la mort, tu puais la peur, tu pouvais bien danser avec les fées et boire aux fontaines des jouvencelles c’était que du vent. Une langue morte.

On t’aurait bien débranché mais t’étais même pas branché…
On t’écoutait plus… c’était fini, ça reviendrait plus…

 

 

Pourquoi l’imparfait ?
Parce qu’on n’attrapait pas les mouches avec des vies aigres.

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