Le présent, c’est pas toujours un cadeau.

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Non, c’est pas de la littérature, non c’est pas de la poésie, c’est de la colère, de la colère qu’essaie de trouver les mots les plus simples pour que tu les comprennes et tu vois même ça c’est pas juste, parce que la littérature comme la poésie, ça n’a pas besoin d’être compliqué et, quand ça l’est, c’est du plaisir, pas de la torture…

Mais toi tu crois ça, t’as tes petites cases dans ta tête et tu veux pas qu’on te la prenne, ta petite tête, alors dès qu’une phrase fait plus de trois mots t’es perdu, tu dis que c’est compliqué, tu te fous de la gueule des intellectuels, tu leur demandes s’ils savent faire la vaisselle ou s’ils connaissent le prix d’un ticket de métro et quelle que soit leur réponse, ça te confirme dans l’idée que, décidément, ce sont juste des gens qu’enculent les mouches et ça, évidemment, ça te fait marrer, c’est vrai que c’est drôle de dire enculer, t’as raison…

Mais oui t’as raison, va, te prends pas la tête, mais s’il te plaît arrête de m’emmerder avec tes jérémiades, oh pardon un mot de plus de deux syllabes je sais bien que t’iras pas chercher la définition, de toute façon je t’ai déjà perdu…

Arrête de te plaindre de la politique, arrête de dire que la droite et la gauche c’est pareil, arrête de dire tous pourris, arrête de pointer du doigt les cibles faciles parce qu’elles n’ont pas droit à la parole, arrête de diffuser de la connerie sur les réseaux sociaux, j’en peux plus de lire tes merdes, j’en peux plus de te voir te complaire dans ton intolérance, ta vision étriquée de la vie, ton faux désespoir et ton indignation à deux balles.

Arrête de jouer les victimes.

Arrête de faire semblant de croire que c’est toujours de la faute des autres, les grands, les puissants, les politiques, l’Europe, la monnaie unique, les pauvres, les riches, les privilégiés, les fonctionnaires, les gitans, les arabes, l’islam, les assistés, putain arrête de te plaindre tout le temps et de rejeter ta faute, notre faute, sur l’Autre avec sa gueule de pas de chez nous pas comme nous…

Tu vis dans un pays dans lequel tu as la chance de pouvoir voter, de pouvoir t’exprimer, t’as même encore la chance de pouvoir faire grève, tu te rends pas compte de ta chance ben non faut encore que tu chies dessus, que tu te plaignes, salauds de grévistes qui font rien qu’à bouffer des sandouiches merquez pendant que les honnêtes travailleurs, eux, ils travaillent…

On a les politiques, les lois, l’éducation, la santé, la justice qu’on mérite.

On a les ennemis qu’on mérite, aussi.

Vote intelligemment. Réfléchis. Agis.

Sinon ferme ta gueule.

Pas cordialement.

 

 

C’est cela, aussi, le présent.

Et c’est pas toujours un cadeau.

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  1. Vraiment excellent !

    Les personnes dont tu parles sont, sinon majoritaires, d’un grand nombre et ont l’ignorance de leur responsabilité dans cette morosité transportée par les médias de masse en consommation libre.
    Ton coup de gueule doit être entendu (lu t’as raison c’est trop long !) et pour ma part je continue à fermer le caquet de ces révoltés du dimanche par un discours simple en pointant du doigt les multiples facilités dont, eux comme moi, nous bénéficions.

    À la tienne!

    Michel

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