Le présent dure, pourtant

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Profite, profite, profite : le présent ne dure pas…

C’est pénible cette idée, pénibles les images dégoulinantes de nostalgie, la mère regarde son enfant et chérit l’instant présent qui passe si vite, qui ne reviendra plus… peut-être qu’à force d’être matraqué ça devient vrai alors on se le répète, carpe et diadème, on l’affiche sur les murs, on le dit, on le redit, on l’écrit, on le publie, on l’illustre, on le chante, on le filme, on le photographie, on l’interprète et peut-être même qu’à force d’être matraqué on finit par croire que c’est vrai…

On finit par croire qu’il faut s’accrocher au présent, le vénérer, parce que c’est toujours ça, parce qu’on peut le célébrer sans trop se gourer, parce qu’on peut le penser en limitant les interprétations a posteriori, parce qu’on peut le ressentir facilement, parce qu’on peut dire vite, sans recul, parce qu’on n’a qu’à réagir ou écouter nos réactions, suffit de les laisser s’exprimer…

S’accrocher au présent parce qu’au moins on sait ce que c’est, s’accrocher au présent par peur de tout perdre demain, s’accrocher au présent pour ne surtout pas prendre le risque de…

Changer.

Le présent dure, pourtant, le présent dure vachement même, terriblement, infiniment…

Il n’y a rien d’autre que le présent. Tu penses au passé et tu crois que tu es dans le passé, c’est faux, tu penses juste au passé, au présent, et tu fais pareil quand tu anticipes, je te ferai pas l’insulte de t’expliquer.

Tout est présent.

Tout.

Ce sera toujours l’instant présent, même plus tard… Même hier.

Le présent dure infiniment.

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  1. Le présent n’existe pas, pourtant…

    Ah c’est sûr, entre une couverture de magazine féminin qui nous enjoint de nous faire plaisir et une autre qui nous propose de prendre le large dans un monastère ou une plage tropicale, il y a la place pour celle qui nous ordonne de « vivre l’instant présent ». Belle connerie. Pas tant à cause de l’injonction, mais plutôt à cause de la réception. On y verra le plus souvent, un encouragement à brûler toutes ses cartouches d’un coup, carpe et diadème, comme dit Tiphaine. Belle connerie, vous dis-je, parce que c’est samedi et que mon clavier se dispense de retenue.

    L’instant présent n’existe pas. Aussitôt nommé, il disparaît dans les archives. Passé proche ou présent dépassé, il est fini, ringardisé, dans l’instant justement.
    Le passé lui, existe et c’est un problème, il est souvent semi-remorque. On veut s’en débarrasser et on lui crève les pneus. Perdu, il sera encore plus lourd à traîner. Il vaudrait mieux le comprendre, puis, passer son chemin, si je puis dire.
    Quant à l’avenir, contrairement aux lieux communs, il est présent, tout le temps. C’est le passé de demain, passé sous la barrière du poste frontière en se cognant le front sur la réalité. Le futur, c’est l’avenir. Il n’y a que lui qu’on puisse modeler. Il est la vie.

    Le présent n’existant pas, n’en parlons plus.
    Le passé, il est soit enjolivé pour les nostalgiques qui sont dans le tri sélectif arrangeant ou le déni inconscient, soit enclume à trimballer pour les pessimistes, soit source-trampoline pour les plus vaillants.
    L’avenir, c’est le seul terrain de jeu, oserais-je, terrain de Je ? L’architecte ne conçoit que l’avenir et conceptualiser un hangar ou une idée, n’est-ce pas le plus beau métier du monde ? Changer la vie, embellir le monde, enfanter les étoiles, c’est bien travailler sur l’avenir.
    Alors, les slogans épurés, les maximes facebookées et les ésotérismes fumeux, laissons-les à qui aime se caresser le nombril.
    Vivons DEMAIN, c’est-à-dire maintenant !

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