Il est présent soudain

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Il est présent soudain, concret, palpable, me tient depuis longtemps, il est d’essence et de naissance, c’était un dimanche et je n’ai pas crié.
Il est l’eau qui refroidit dans la théière en cuivre – regarde les feuilles de menthe dépassent toujours, sauvages – il est la pierre de sucre entre les mains maigres de qui partage – saturée, indigeste, écoeurante, indispensable pourtant.
Il est présent soudain, légèreté pesante de qui n’a jamais été absent, il est sourdine le temps de vivre et tambour des amours mortes, aussi.
Il est café blanc, il est fleur d’oranger sur un col islandais, palpitations du palpitant puis ligne droite, longue, infinie.
Il est présent soudain, comptoir des longues baleines, lagune aux bancs usés, il a la mort en ligne de mire mais jamais ne tire.
Il est tentateur et tentant, réponse parmi les réponses, il est conque à chuchoter ses pleurs, doucement – et puis écoute après le bruit de la mer quand tu colles ton oreille contre la nacre, écoute et puis plus rien, surtout plus rien du tout.
Il dit bien plus que je ne saurai dire, jamais.
Il n’a pas besoin de mots.
Il n’a pas besoin de moi.
Alors tout fermer, close, retourner à l’intérieur, laisser souffler son chant d’écumes, grande berce jusqu’aux temps de naître encore…

… et n’être plus que lui.
Silence.

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  1. C’est magnifique.
    J’ai rarement lu un texte d’une telle justesse et d’une telle beauté. Quelle puissance du dire sans dévoiler. Des expressions précises comme des scalpels dans la beauté.
    🙂

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