Fallait lutter avec les armes des bourgeois

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Sa collection, il l’avait voulue exhaustive, pour parer à la moindre éventualité : des billes, des feutres, pointes fines moyennes ou larges et même des plumes. Tous rouges, évidemment.

Son père ne plaisantait pas avec l’école.

Fallait réussir. Fallait lutter avec les armes des bourgeois.

 

Il avait longtemps supporté les raclées et les sermons, sans rien dire. Chaque mauvaise note entraînait invariablement le même scénario bien huilé : d’abord la gifle, ensuite le couplet moral, la ceinture pour finir. La mère pleurait, c’était tout ce qu’elle faisait, elle pleurait puis elle retournait faire la cuisine.

Un jour, il avait acheté son premier stylo, un bic. Rouge évidemment.

Sur l’entête de la copie double, il avait ajouté un 1 devant le 6.

Son père serait content.

Il réussissait. Il luttait avec les armes des bourgeois.

 

Pourquoi l’imparfait ?

Parce que ça n’existe plus, la lutte des classes, à ce qu’on dit…

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