C’était le photographe

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On ne se souvenait pas vraiment de son visage, c’était toujours lui qui se trouvait derrière l’objectif. Il passait sans laisser d’autre trace qu’une impression, ombres et lumières sur pellicule.

Sur le boitier, c’était écrit en gris sur noir : HANIMEX PRAKTICA nova I, c’était écrit en gros, on ne pouvait pas l’oublier le nom de l’appareil.

Son nom à lui, on l’avait oublié. C’était le photographe.

Tout de suite après la photo, ça faisait crrriiiiiiic, on imaginait la pellicule qui avançait, les dents qui tournaient, accrochées aux rouages, tout de suite après la photo, pour ne pas rater la suivante, celle qu’on attend toujours et qui vient au hasard.

Lui, il pensait que le hasard n’existait pas.

Le Praktica ne pensait pas. Il s’ouvrait et se fermait, il grinçait, il cliquetait, oh le bruit de la manivelle quand il la rembobinait dans le noir pour extraire la pellicule fallait faire attention.

On ne se souvenait pas du visage du photographe.

On se souvenait des visages, des sourires figés et des habits endimanchés.

On se souvenait, longtemps après, que son appareil faisait VRAIMENT clic-clac.

 

Pourquoi l’imparfait ?

Par reflex.

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