Je me relevais toujours

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Ce qu’il aimait par dessus tout, c’était me balancer du haut de la table. Il espérait que je ne me relèverais pas, je le savais, mais je me relevais toujours.

Tête la première contre le plancher, ça faisait poc… ça le faisait rire…

Je me relevais toujours.

Le vieux disait que j’étais saoul, il ricanait quand je me balançais, la vieille ne disait rien, elle faisait la cuisine et ça sentait le chou dans toute la maison.

Je voulais m’enfuir, dès le début, mais je n’allais jamais loin, ils me rattrapaient toujours et si c’était pas eux, c’était le chien. Il puait ce chien, il était laid aussi… Et libre, libre surtout, il n’avait pas de laisse ni de chaîne, des pattes musclées pour le porter loin s’il voulait. Mais il ne voulait pas, faut croire. Il était toujours là, tout le temps. Il m’avait troué le flanc avec ses mâchoires baveuses.

Mais je me relevais toujours, plein de bave, de terre, de sable ou de chou, la tête qui tournait et la pièce qui ondulait autour de moi…

Je me relevais toujours.

 

Pourquoi l’imparfait ?

Parce que les Bidibules ne sont plus.

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