Elle regardait pousser ses cheveux

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Elle croyait que tout était possible, elle y croyait dur comme fer. Autour d’elle ça jasait, ça rigolait derrière son dos, on avait même fini par la considérer comme folle. Elle l’ignorait. Ou au moins faisait-elle semblant de l’ignorer. Elle refusait simplement d’y croire.

Elle croyait tellement à ce qu’elle voulait que, les choses, les êtres et même le destin, impressionnés par cet entêtement inouï, inébranlable, finissaient par plier, se conformaient à ses prévisions. Du moins le disait-elle. Du moins le croyait-elle.

Elle avait vécu seule, longtemps. Persuadée d’être un malheur ambulant. Et contagieux. Puis il était arrivé. Il n’avait pas eu peur. Il ne l’avait pas crue non plus. Il avait compris bien avant elle que, pour la rendre heureuse, il suffisait que lui, il y croie plus fort qu’elle. Elle l’avait cru.

La nuit, quand il dormait, elle regardait pousser ses cheveux. Elle était persuadée que depuis leur rencontre ils s’étaient mis à prospérer sur ce terrain hostile – il se croyait pour sa part victime d’une cruelle malédiction génétique. Elle devinait le chemin microscopique de la racine sous la peau du crâne, elle encourageait les petites pousses, elle leur parlait tendrement, en chuchotant. Elle attendait, patiente.

Croire et laisser croître, quoi d’autre ?

L’imparfait ?

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