Tu disais « ça va mieux en le disant »

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Tu disais « ça va mieux en le disant » mais tu ne disais jamais rien, pour de vrai. Tu disais que tu ne savais qu’écrire – mais écrire, n’est-ce pas dire ? – alors tu voulais qu’on te lise entre les lignes, qu’on te devine. Tu disais « tiens, j’ai écrit ça », tu tendais le papier puis tu t’en allais très vite, y’avait toujours quelque chose d’urgent à faire à ce moment-là dans ton jardin… Tu disais que ton père ne t’avait jamais rien dit à propos de ce que tu écrivais. Tu disais « je ne sais même pas s’il a lu un seul de mes livres » et tu les voyais qui s’entassaient au fur et à mesure dans le meuble en formica de la petite cuisine… Tu écrivais « je mourrai avant toi, je le sais ».

Tu disais jamais rien « pour de vrai » mais putain, qu’est-ce que tu écrivais juste…

Pourquoi l’imparfait ?

Pour faire comme si c’était une fiction de plus.

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