Elle riait fort et franc

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Je l’avais rencontrée dans une salle de cinéma, près de Montparnasse. Elle était assise deux rangs devant moi. Je voyais sa tête dodeliner à chaque fois qu’elle riait et ses cheveux, noirs, indomptés, semblaient vouloir fuir de tous côtés. Elle riait fort et franc. Comme une cascade de vie qui se serait échappée sans qu’elle ne le veuille vraiment de sa bouche gourmande. Une bouche à croquer dans la vie…

En plein milieu du film, elle s’était écriée : « Mon dieu ! Et mon rôti qui est dans le four ! » et elle avait filé en courant. En sortant de la salle obscure, je l’avais retrouvée, elle attendait la séance suivante, tout sourire. Sans réfléchir, je m’étais placé derrière elle dans la file.

Quand elle posait son regard sur un arbre, sur un enfant ou une vieille dame, sur le trottoir abimé ou le passage piétons, les choses et les gens se transformaient… Je n’ai jamais su comment elle faisait mais peu m’importait parce que moi, moi je regardais tout ce qu’elle regardait, et je me sentais vivant, tellement vivant…

Pourquoi l’imparfait ?

Parce que ça n’est plus.

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