Disaient les gens qui sont doux comme la gnôle

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Il était né sans crier, il avait fallu le réanimer. De même il avait grandi, enfant sage et discret. Il marchait dans la rue la nuit où il fut attaqué par trois inconnus. Quand ils le laissèrent gisant sur le sol, il n’avait toujours pas crié. Devant le juge qui lui demandait de raconter, il était comme pétrifié, bouche figée. Dans la salle, il croyait entendre ceux qui le traitaient de pédé, ceux pour qui il s’était laissé faire, ceux pour qui il n’était pas vraiment un homme. « On ne viole pas un homme », disaient-ils… Il n’avait pas crié, non, son esprit s’était soudainement fermé, comme un instinct de survie. Mode automatique. Faire le mort. Ne plus penser. Il ne se passe rien. Je ne suis pas là… Et il lui fallait maintenant raconter ce qu’il faisait tout pour oublier.

Il raconta. Il n’oublia jamais.

« On ne viole pas un homme » disaient les gens qui sont doux comme la gnôle…

Pas d’imparfait.

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