C’était pour son bien

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Il attendait dans la cuisine. Il savait que ça finirait par arriver, on l’avait prévenu. Il n’avait pas envie de lutter, ils savaient eux, ils avaient dit que ce serait mieux. C’était pour son bien la maison de repos, on s’occupera bien de vous là-bas ils avaient dit.  Il buvait son café. Il n’était pas fatigué mais il fallait qu’il se repose. Il ne savait pas de quoi il devait se reposer. Sur la télé en noir en blanc, un bon chien courait au ralenti.

Il avait pourtant le poil luisant et l’œil vif, allait en vélo faire son tiercé tous les dimanches, taillait les branches qui dépassaient sur le trottoir, trempait ses biscottes dans son café, savait vivre encore.

Il avait la télé mais il n’avait plus de femme.

Il n’avait plus toute sa tête mais il avait un fils. Et une maison en plein centre-ville.

Pourquoi l’imparfait ?

Parce que ça n’est plus.

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